Verdon – Dame Cookie
Avec Guillaume, on décide d’aller grimper dans le Verdon. Cela fait 6 mois que je n’ai pas grimper dans des voies dures. Ayant un camp de base à Fontainebleau, mes temps off sont dédiés à la pratique du bloc. La transition est rude : du grès au calcaire, du bloc aux grandes voies. Objectif du jour : Dame Cookie, 200 mètres d’escalade, 8a+ max.
Mise en jambe… musclée
La voie attaque direct dans le vif avec une première longueur en 7c sur du rocher blanc à trous. À froid, c’est un vrai petit combat. J’arrive au relais avec les bras en feu et l’onglée. Pas vraiment dans le flow… Pas le meilleur départ, mais c’est fait.
Heureusement, la suite est plus tranquille : deux longueurs en 6c, sur un rocher moyen mais agréable à grimper. On les enchaîne d’un coup, ce qui donne un long 7a de 40 mètres avec 16 dégaines — parfait pour prendre un peu de hauteur et s’imprégner de l’ambiance.
Basculer en mode « enchaînement »
Au début de la journée, Guillaume m’annonce qu’il ne compte pas enchaîner la voie. Il préfère repérer les mouvements et garder des forces pour une prochaine tentative.
Mais une fois les deux premières longueurs dans la poche, je le vois au relais, le regard fixé vers le haut. Pas besoin de mots : il a changé de plan.

Il se lance dans le 8a alors que le soleil commence à chauffer (il est 11h30), mais un bon vent frais souffle : les conditions sont idéales. Sa grimpe est propre, fluide, maîtrisée. Il clippe le relais sans trembler. Il redescend pour m’assurer au relais et j’enchaîne à mon tour. Trop bien.
Du dévers, des règles… et une chute à 3 mètres du sommet

La suite, c’est un 7c+ bien athlétique, avec un pas de bloc sur petites règles au milieu. Galvanisé par son enchaînement, Guillaume s’élance mais met un essai pour caler la bonne méthode. J’en profite pour observer et réussir à enchaîner en flash.

Et nous voilà dans la longueur clé : un long 8a+, encore plus déversant que les précédentes. On a du temps, alors on se pose vraiment.
Pause brioche au relais, discussion sur le monde, et vue plongeante sur les canyoneurs qui s’éclatent en contrebas. L’ambiance est parfaite.

Mais la suite l’est un peu moins : perchés tout en haut de la Baume aux Pigeons, on se lance chacun notre tour… et on chute tous les deux à quelques mouvements de la sortie de l’interminable dévers.
L’énergie manque, l’orage approche.
On sort rapidement par la dernière longueur, un 5c… qui se transforme en douche froide. Trempés, rincés, mais heureux.
Deuxième round : l’enchaînement
Après une journée de repos bien méritée, retour dans la voie avec un seul objectif : enchaîner Dame Cookie.
Les méthodes sont calées, la fraîcheur est revenue, mais la pression est bien là. Ces quelques mouvements manquants tournent en boucle dans nos têtes.
Cette fois, tout déroule. La grimpe est fluide, les doigts tiennent, le mental est là. Je déroule dans le 8a+, c’est fait, trop content d’enchainer, mais je me contiens pour ne pas lui mettre la pression. Redescente au relais pour assurer Guillaume, concentré mais tendu. Il s’élance dans le grand dévers, la corde file… puis s’arrête. Il doit être au repos. Je reprends à donner du mou : il est dans la section clé. Je guette le moindre bruit, le moindre changement de tension, prêt à parer une chute… mais non. Il enchaîne aussi. Parfait.
On se retrouve au sommet, heureux, soulagés, un peu cramés… mais surtout fiers d’avoir terminé cette voie magnifique en équipe.
La voie
Dame Cookie, c’est une grande voie « dure » mais abordable, avec une ambiance folle, des styles variés, des cotations cool et un équipement confortable.
Un vrai beau challenge, dans un cadre exceptionnel.
Bien sur un grand merci à tous les équipeurs sans qui ces journées ne pourraient pas exister. Et si vous voulez soutenir les personnes qui sont derrière tous ça acheter le dernier topo du Verdon
Et pour d’autre idées de sortie je vous invite à visiter le blog